Elle m’a écrit un soir, avec cette phrase : « Je crois qu’il me faut plus d’espace. »
Plus d’espace, c’est un déménagement, ou au moins une cloison à abattre — ce qui, dans la vie de quelqu’un, n’est pas une petite phrase.
Je lui ai demandé une photo de sa pièce, le soir, avec seulement le plafonnier allumé. Elle me l’a envoyée en s’excusant un peu, comme on montre une chambre en désordre.
Je n’ai pas vu une petite pièce. J’ai vu une pièce qui n’avait qu’un seul étage de lumière, tout en haut, tombant d’aplomb sur tout, sans nuance. Les coins avaient disparu. La table flottait. Éclairer une pièce de cette façon, c’est lui faire passer un interrogatoire où personne n’a rien fait.
On n’a pas touché au mur. On a descendu la lumière au-dessus de la table, et on en a posé une autre près du canapé, plus basse, plus chaude, là où les gens finissent toujours par s’asseoir.
Quelques jours après, elle m’a répondu en une ligne : « Elle a grandi, ma pièce. »
Même surface. Elle avait seulement gagné de la profondeur.
Je ne dis pas qu’il ne faut jamais abattre de cloison. Je dis qu’avant de chercher plus d’espace, cela vaut la peine de regarder ce que la lumière en fait.
Juliette
Plafonniers Design